Le passage du cyclone Oli a occasionné de nombreux dégâts tout autour de l’île de Tahiti. Sur la côte Est, au niveau du "trou du souffleur", la circulation a été interrompue pendant 48 heures car la houle rendait la route impraticable. Par mesure de sécurité la route avait donc été fermée à la circulation. Vendredi, aux alentours de 10 heures, les automobilistes ont pu de nouveau circuler grâce à l’intervention de la Direction de l’équipement.
Rurutu et Rimatara relativement épargnées
Dans les autres île des Australes, Rurutu a été relativement épargnée. Sur place, il a été constaté des "dégâts, mais pas dramatiques". Seul un pompier a été légèrement blessé en intervention. L'aéroport de l'île pourrait rouvrir rapidement et les autorités envisagent d'envoyer un ou deux appareils pour une "mission de reconnaissance" dans l'archipel.
A Rimatara, "la situation est très satisfaisante", a fait savoir Magali Charbonneau. L'alerte rouge vient d'être levée mais "l'appel à la prudence demeure" en raison notamment d'une forte houle persistante.
7 blessés dont un grave
A Tahiti, le port est de nouveau ouvert permettant la circulation des
navettes reliant Moorea à la principale île de Polynésie. Les vagues restent là aussi très imposantes.
Outre un décès à Tubuai (emporté par la houle), les autorités ont recensé un blessé grave à Bora-Bora (un homme tombé de son toit) et six blessés légers sur l'ensemble de la Polynésie.
Au total, 4813 personnes ont été évacuées de leurs habitations.
Oli est passé sur Tubuai vers 2h dans la nuit de jeudi à vendredi, engendrant des vents moyens de 185 km/h avec des rafales à 260 km/h.
Les effets de la houle cyclonique ont provoqués un phénomène de marée de tempête, avec une hausse du niveau de la mer de l’ordre d’1m50. En haute mer, les vagues atteignaient une hauteur de 9m.
Etat des lieux :
Sur la commune de Mahina, au Nord Est de Tahiti, 82 personnes qui vivaient en bord de mer ont encore été évacuées, jeudi soir, puis relogées en raison d'inondations mais aussi d'une "mini tornade" survenue en fin de journée. Des coupures d'électricité sont survenues peu après le passage d'Oli, mais tout est aujourd'hui rentré dans l'ordre à ce sujet.
À Arue, commune limitrophe de la première, peu de dégâts ont été signalés. Le gymnase mis à disposition de la population a accueilli dans la nuit de jeudi une seule famille de cinq personnes plus deux individus. Le comportement des administrés a, en revanche, pu poser problème: "On a eu des jeunes inconscients qui, en plein cyclone, sont allés surfer", a ainsi déploré un membre du cabinet du maire.
Pirae : jeux dangereux dans les rivières
À Pirae, côte Est de Tahiti, 300 personnes ont été évacuées dans la nuit
de jeudi mais toutes ont pu rejoindre leur domicile le lendemain, la municipalité n'ayant pas subi de "vents forts". Sur le trait de côte, en revanche, quelques murs ont été victimes des
assauts des vagues, et de nombreux rochers apportés par la houle rendent toujours la baignade dangereuse. Un "petit problème" de captage d'eau demeure encore, des feuillages et branches
obstruant les canaux. Ici aussi, les pompiers ont déploré l'attitude des administrés, certains autorisant leurs enfants à jouer dans les rivières quelques heures à peine après la levée de
l'alerte rouge, et alors que les crues restaient importantes.
À Papeete, "capitale" de la Polynésie, les dégâts ont été relatifs. Le contour de la piscine municipale
coté mer a été en partie été endommagé par la houle. Celle-ci a également eu raison d'un ponton au quai des yachts. Des éboulements ont enfin été signalés mais sans qu'il n'y ait de
blessés.

Punaauia : la route d'accès au fond de la vallée de la Punaruu s'est effondrée
Sur la commune de Faa'a, la plus peuplée de Polynésie, Oli s'est également montré clément. Quelques arbres se sont couchés du fait des vents et par précaution, 441 personnes ont été évacuées mais elles ont aujourd'hui regagné leurs habitations.
À Punaauia, sur la côte Ouest de Tahiti, le "gros dégât de la commune" se situe au fond de la vallée de la Punaruu où la voie d'accès, à flanc de rivière, s'est littéralement effondrée . Le temps de reconstruire une route, dans les jours à venir, un particulier vivant sur zone a accepté que son terrain puisse être emprunté par les résidents afin que ceux-ci circulent librement. Jeudi soir, 200 personnes étaient encore logées dans des bâtiments municipaux, mais elles ont toutes regagné vendredi matin leurs domiciles. Le service des affaires sociales de la commune a entamé le "recensement des dégâts des particuliers". Cinq familles se sont déjà manifestées.
À Paea, environ 200 habitants du littoral ont été évacués pendant la nuit, jeudi. Les administrés sont toujours confrontés à des coupures d'eau et plusieurs habitations ont été endommagées. Les autorités de la commune recensent à l'heure actuelle les dégâts.
Papara : 5000 personnes privées d'eau
Sur Papara, le passage d'Oli a complètement ravagé le système d'alimentation en eau potable qui se trouvait dans la vallée de la Taharuu. La rivière a en effet élargi son lit du fait de l'augmentation de son débit et a "tout emporté". "5000 personnes sont sans eau pour au moins 15 jours. Il faut tout refaire", a expliqué le maire de la commune, Bruno Sandras, qui vient d'acheter des "tuyaux en fonte" pour plus de 6 millions Fcfp (environ 50 000 euros). Deux maisons ont en outre été "à 100% sinistrées" et trois autres présentent des "dégâts importants". 250 personnes sont toujours hébergées par la mairie ou par les multiples confessions religieuses.
Sur la presqu'ile tahitienne, les autorités recensent toujours les dégâts sur l'ensemble des quatre communes de Taiarapu Est. D'ores et déjà, six maisons sont endommagées. "Des coupures d'eaux dues aux difficultés de réarmement des pompes" sont également signalées.
Enfin, sur l'île de Moorea, distante de moins d'une dizaine de kilomètres de Tahiti, "une cinquantaine de maisons ont été endommagées et/ou détruites" et leurs habitants ont été relogés dans "des maisons paroissiales" ou des bâtiments de la mairie. Certaines canalisations ont en outre été cassées par les racines des arbres ayant cédé face à la puissance des vents.
Quant à l'île de Maiao, commune associée de Moorea, entre 5 et 10 maisons ont été endommagées. L'île ne disposant pas d'un aérodrome, un navire devrait venir apporter des vivres samedi ou dimanche.
L'Eden n'est plus.
Le cauchemard sur lesAustrales :
Le cyclone "Oli", avec une force
inouïe, a bombardé Tubuai, cette petite île de l'archipel des Australes de 2 000 âmes, laissant derrière lui, un mort, un homme de 45 ans, et une population abasourdie, en larmes parfois, dans
des paysages d'apocalypse. Il n'y a plus d'électricité, plus de routes, plus d'eau, et on estime, pour l'instant, que 200 habitations ont été pulvérisées.
Des femmes pleurent en racontant la nuit qu'elles ont vécu.
"Les rafales ont commencé vers 22h00, mais a 2h00 du matin, c'était insupportable", raconte une résidente qui poursuit : "Les rafales d'une force incroyable étaient espacées de six secondes. Quand l'oeil du cyclone est passé au-dessus de Tubuai, le calme était impressionnant. Pas une feuille ne bougeait. Une heure quinze plus tard, d'un coup, les rafales ont repris et ce, jusqu'à 5h30 du matin".
Les enfants, deux touristes, des personnes âgées, des femmes enceintes, se sont réfugiées dans une
salle
paroissiale au centre de l'île.
D'autres dans un collège. Ils ont fui les déferlantes qui ont morcelé, broyé, atomisé les habitations s'enfonçant jusqu'à 250 mètres a l'intérieur des terres.
Des renforts humains et matériels
Pour venir en aide aux habitants des Australes, et plus particulièrement à ceux de Tubuai, le Pays et l'État ont d'ores et déjà mobilisé d'importants moyens d’intervention. Un Super Puma, et un Casa se sont posés vendredi soir sur l'île.
Deux bateaux du Pays partiront samedi : le Tahiti Nui I, avec à son bord, 190 agents d’intervention, issus notamment de la Direction de l’équipement, du service d’assistance et de sécurité, de la direction des affaires sociales et du Fonds de développement des archipels (FDA), ainsi que des vivres de première nécessité. Le Tahiti Nui VIII également se rendra dans l'archipel, avec à son bord, du matériel lourd d’intervention.
En renfort, une équipe médicale d’urgence est en alerte. Elle est composée d’une dizaine de médecins, de cadres
du SAMU et d’infirmiers du centre hospitalier de Polynésie française, ainsi que de trois médecins et infirmiers de la Direction de la santé.
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